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Bilan de la première édition — Festival littéraire de Chezani, 2026

Ouverture du Festival littéraire de Chezani, bangwe la Mboini

Édition 2026 · Bilan

Bilan de la première édition

14 – 15 août 2026 · Bangwe la Mboini, Chezani, Ngazidja

Les 14 et 15 août 2026, le bangwe la Mboini de Chezani, à Ngazidja, a accueilli la première édition du Festival littéraire de Chezani. Autour du thème « Le je et le nous dans le roman et la poésie », l’événement a réuni auteurs, poètes, lecteurs et jeunes autour de deux journées de rencontres, de lectures et de débats, en entrée libre.

2
Jours
5
Prix décernés
7
Jeunes lecteurs
1re
Édition

Une ouverture portée par le pari du lieu

L’initiative du Festival littéraire de Chezani est née en France, portée par la diaspora chézanienne, avec la volonté de créer à Chezani un rendez-vous consacré aux livres, aux auteurs, à la jeunesse et à la transmission. Salim Youssouf en a été l’un des principaux porteurs et représentants, avant que le projet ne prenne forme sur le terrain grâce à la mobilisation d’une équipe locale et de plusieurs contributeurs engagés dans l’organisation de cette première édition.

Le Festival est ainsi né d’un double pari : faire revenir vers Chezani une initiative pensée depuis la diaspora et installer un rendez-vous littéraire de premier plan loin de Moroni. L’ouverture a rappelé cette ambition : créer davantage d’espaces où l’on lit, où l’on écrit, où l’on débat et où l’on réfléchit, tout en donnant à la jeunesse une place centrale.

Amir Aboubacar, président de l’UONI et premier partenaire du Festival, a pris la parole pour saluer la tenue de l’événement dans une région marquée par des épisodes de tension, appelant la jeunesse à privilégier le débat au conflit. Le ministre de l’Éducation, Bacar Mvoulana, a fait le déplacement pour l’ouverture, aux côtés du parrain de cette édition, Dr Mohamed Toihiri, et du président du Festival, Dr Ali Abdou Mdahoma.

La grande table ronde

« La littérature peut-elle encore changer nos vies ? »

La grande table ronde a réuni Dr Mohamed Toihiri, parrain du Festival et auteur franco-comorien, Bindjad Ismael, essayiste et anthropologue, président du jury, et Loulou Saïd Issilamou, journaliste, consultante en communication et écrivaine. La rencontre était animée par la journaliste et écrivaine Faïza Soulé Youssouf.

Bindjad Ismael, Loulou Saïd Issilam, Mohamed Toihiri et Faïza Soulé Youssouf lors de la grande table ronde
Bindjad Ismael, Loulou Saïd Issilamou, Mohamed Toihiri et Faïza Soulé Youssouf lors de la grande table ronde.

La question invitait moins à célébrer les vertus supposées des livres qu’à examiner ce qu’une œuvre peut réellement produire dans une existence. Les échanges ont porté sur la mémoire, l’intime, la transmission, la rencontre avec l’autre et la manière dont une lecture peut déplacer un regard ou donner des mots à une expérience. Le thème général du Festival, du « je » au « nous », trouvait ici une expression concrète : comment une histoire née d’une voix singulière peut-elle rejoindre d’autres vies et, parfois, une mémoire collective ?

Lectures et voix juvéniles

La jeunesse de Chezani n’a pas seulement assisté au Festival. Elle en a occupé la scène. Présentée lors de la veillée littéraire puis de la journée officielle, la séquence « Une voix, une idée » a confié des textes à sept jeunes lecteurs : Maskat Soudaine avec J’attendais qu’on me donne la parole, Abdoulhamid Saïd Hachim avec Lire, c’est agrandir sa vie, Mistoihi Adinane avec Le monde ressemble à notre regard, Mohammed Sidi avec On nous dit souvent d’attendre, Najat Najar avec Et si notre histoire était dans un livre ?, Anlya Djambran avec Le jour où j’ai prêté mon livre et Ayman Machouhouli avec Le livre que je ne voulais pas lire.

« J’attendais qu’on me donne la parole »

Maskat Soudaine — séquence « Une voix, une idée »

Les textes parlaient de lecture, mais aussi de confiance, de mémoire, de regard sur les autres et du désir de trouver sa place. Ils interrogeaient ce moment où un livre devient un miroir, où une histoire familiale mérite à son tour d’être écrite, ou encore cette habitude de demander aux jeunes d’attendre avant de les écouter. À l’issue de leur participation, chacun des jeunes lecteurs a reçu un livre, prolongeant par un geste simple l’idée même de la séquence : une parole donnée, puis une lecture à poursuivre.

Entretiens animés par Mohamed Lihoma

Les entretiens avec les auteurs, menés par le journaliste Mohamed Lihoma, ont installé un registre différent, plus proche de la conversation. Ils ont permis de revenir sur les parcours des écrivains, leurs œuvres, leur rapport à l’écriture et les expériences qui nourrissent leurs livres.

Ce format a donné au public l’occasion de rencontrer les auteurs autrement, au-delà des biographies et des couvertures. Il a fait entendre ce que le livre ne raconte pas toujours directement : l’origine d’un projet, les choix d’écriture, les souvenirs qui l’accompagnent et la relation que chaque auteur entretient avec ses lecteurs.

Les Prix du Festival littéraire de Chezani

Le Festival a distingué cinq figures de la littérature et de la transmission culturelle comorienne : de Mohamed Toihiri, honoré pour sa contribution pionnière au roman comorien, à Tahir ben Al-Sayed Nasir, distingué à titre posthume pour sa contribution à la littérature orale, à la poésie et à la transmission.

Découvrir les cinq lauréats et la composition du jury

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La veillée littéraire

La veillée littéraire du 14 août a donné le ton de cette première édition. Pensée comme une entrée dans l’esprit du Festival, elle a privilégié la proximité avec le public et une approche où la littérature pouvait être à la fois lue, entendue et mise en mouvement.

Veillée littéraire du Festival littéraire de Chezani
La veillée littéraire, entre lectures et performance chorégraphique.

Les jeunes lecteurs de « Une voix, une idée » y ont occupé une place centrale. À travers leurs textes, ils ont parlé du livre, de la mémoire, de la confiance, du regard porté sur les autres et de cette question qui traverse une partie de la jeunesse : comment trouver sa voix et prendre sa place sans attendre que quelqu’un vous y autorise ? La lecture à voix haute devenait alors autre chose qu’un exercice : un moment de transmission et une manière de faire entendre une génération.

Une performance chorégraphique a prolongé cette soirée en faisant entrer le corps et le mouvement dans le dialogue avec les mots. La veillée a ainsi permis de présenter l’esprit du Festival avant la journée officielle : faire de la littérature une expérience vivante et accessible, donner une place réelle à la jeunesse et créer à Chezani un espace où la mémoire, la création et la transmission peuvent se rencontrer.

Un rendez-vous à inscrire dans la durée

Au terme de ces deux journées, cette première édition laisse des images, des livres transmis, des conversations et des voix. Elle aura surtout montré qu’un festival littéraire pouvait trouver sa place à Chezani et y réunir auteurs, lecteurs et jeunesse autour de questions qui dépassent le seul temps de l’événement.

L’ambition reste désormais d’inscrire ce rendez-vous dans la durée, sans perdre ce qui a donné son sens à cette première édition : la littérature d’abord, la rencontre entre les générations, la place accordée aux jeunes et l’ancrage à Chezani. Le Festival avait été conçu dès l’origine comme un événement appelé à devenir un rendez-vous durable de la vie culturelle locale.